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Aurore Sun : « Dans des contextes tendus, les clients veulent faire confiance à des personnes »

En temps de crise, le secteur de la communication est toujours l’un des premiers fusibles. Personnalité connue et reconnue sur notre territoire, Aurore Sun va toujours à l’essentiel.

Provence Business : Pouvez-vous vous présenter ?

Aurore Sun : J’ai fondé l’agence Spark Relations Publics en 2011 et co-fondé l’agence de leadership MySunnyBrand en 2017 avec Katia Blanc. Je suis présidente de Femmes Chefs d’Entreprises (FCE) Marseille et élue à la CCIAMP. J’ai également été nommée ambassadrice égalité femmes-hommes par la ministre du Travail en 2019.

Quelles sont les conséquences de la crise dans le secteur des relations publiques, selon vous ?

Si tout le monde a pris le temps de comprendre ce qu’il se passe, certains clients ont su saisir l’opportunité pour annoncer les actions philanthropes qu’ils ont mises en place. Ceci mettant vraiment en exergue leur valeur, leur ADN.

Je pense par exemple à notre client Rampal Latour qui n’a pas hésité, avant même que le confinement soit déclaré, à offrir 15 000 savons aux écoles et Ehpad de la région. Ou encore le réunionnais Colipays, qui a fait livrer 400 colis remplis de fruits frais et autres gourmandises de l’Ile de la Réunion aux membres du service du professeur Raoult pour leur apporter un peu de soleil.

Si vous deviez tirer les conséquences de la crise sur la parité femmes-hommes : cause qui vous tient à cœur ?

Les chiffres sont affligeants, les femmes ont été les grandes perdantes (encore) de cette crise.
Entre la recrudescence de violence et la charge mentale qui pèse (encore beaucoup) sur elles dans le foyer. Beaucoup ont rapporté avoir dû jongler entre télétravail, accompagnement des enfants dans leur devoirs voire leur occupation, et bien sûr, tout ce qu’il est nécessaire de gérer dans un foyer habité quotidiennement par la famille.

Sans parler des familles monoparentales qui sont gérées le plus souvent par des femmes qui ont dû faire face seules. On a assisté à un véritable « épuisement silencieux » comme l’explique Marlene Schiappa. Chez FCE, nous avons trouvé de l’entraide durant cette période qui met à mal nos entreprises.

En témoigne la dernière rencontre « en ligne » qui a rassemblé plus de 500 entrepreneures à travers la France. Mais le fait de devoir gérer (encore aujourd’hui) les enfants à la maison représente un véritable frein au développement de nos entreprises. Comme dit Anne-Sophie Panseri, la présidente de FCE France, « les femmes sont des chefs d’entreprises comme les autres, avec une charge en plus ».

Petit rappel de quelques éléments de contexte : en France, 90 % des entreprises pilotées par des femmes comptent moins de 20 salariés (70 % moins de 5); 70 % des cheffes d’entreprise ont une rémunération moyenne de 1 500 euros ; 83 % des parents isolés sont des femmes.). D’un autre côté, je pense que beaucoup d’hommes ont pu se rendre compte de la charge de s’occuper du foyer et peut-être peut-on être confiantes pour l’avenir. La prise de conscience est peut-être accélérée.

Quelle est l’actualité de vos entreprises ?

Si Spark a vu son chiffre d’affaires se stabiliser voire augmenter avec des demandes de missions internationales, Mysunnybrand a totalement vu son activité en pause. Les dirigeantes que nous accompagnons ont d’autres soucis prioritaires et le télétravail voire le chômage partiel de leur équipe ne favorise pas la formation. Les missions qui devaient au départ être reportées à juin, sont actuellement remises à septembre.

Selon vous, que vont changer les nouvelles générations dans le rapport à l’image ?

C’est étrange, on voit deux écoles. D’une part des jeunes qui comprennent l’enjeu du Personal Branding, de leur image et de leur différentiation, de l’autre côté les réseaux sociaux montrent encore beaucoup de jeunes inconscients de la trace numérique qu’ils laissent et les risques potentiels pour leur employabilité. Leur recherche grandissante de sens voire d’autonomie devrait les conduire à prendre conscience de l’importance d’une bonne maitrise de leur marque personnelle en toute authenticité.

Comment avez-vous adapté votre métier pendant et après cette période de crise ?

Nous avons la chance de pouvoir fonctionner en télétravail. Beaucoup de Zoom et de téléphone avec l’équipe. Mais c’est vrai que nous avons été heureuses de pouvoir sortir et aller « sur le terrain » pour retrouver nos clients et partenaires. Quoique beaucoup fonctionnent encore en télétravail et ne sont pas retournés au bureau.

Nos lecteurs sont des entrepreneurs et investisseurs, quels conseils leur donneriez-vous ?

C’est quand il y a une baisse d’activité qu’il est bon voire nécessaire de repenser sa stratégie. Les soucis voire la survie sont forcément un frein au développement et souvent nous sommes les dernières personnes sur la liste de nos priorités.
C’est à ce moment même qu’il est important de faire un travail sur soi et de s’appuyer sur sa vision, sa mission, ses valeurs, ses objectifs pour ancrer sa marque personnelle et faire rayonner son entreprise.

Dans des contextes tendus, les clients veulent faire confiance à des personnes. Et les entrepreneur.e.s sont l’ADN de leur entreprise. C’est d’ailleurs sur eux que « parient » les investisseurs, plus que sur les projets.

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