Loading Posts...

Cécile Malo : « La crise bouleverse notre façon de vivre »

Cécile Malo, directrice générale pour notre territoire de la Fondation de France partage avec Provence Business les actions menées pour faire face à l’urgence de la situation.

Provence Business : Pouvez-vous vous présenter ?

Cécile Malo : Je viens de la Haute-Garonne dans les Pyrénées, je suis diplômée d’une école de commerce. Je me suis engagée très tôt dans la lutte contre le sida en association et je me suis orientée vers l’humain et l’intérêt général dans des fonctions de management et de gestion de projets.

J’ai eu plusieurs expériences professionnelles dans le domaine de la solidarité, dans le secteur culturel et depuis 2003 à la direction de la Fondation de France Méditerranée, l’antenne régionale de la Fondation de France.

Quelles sont les activités de la Fondation sur notre territoire ?

En proximité, notre rôle est d’aider les acteurs sur le terrain à préciser leurs interventions, à trouver les meilleurs projets et à mesurer les actions qu’ils soutiennent. Au quotidien, nous sommes en contact permanent avec tous les porteurs de projet intéressés par nos actions grâce à la mobilisation d’une trentaine de bénévoles experts engagés.

En cette période de crise, quel est votre rôle ?

Nous avons malheureusement l’habitude des situations de crise et de l’urgence. Notre rôle est d’être un trait d’union entre les acteurs qui sont en première ligne et ceux qui veulent les aider par un soutien financier, ce qui nous permet d’avoir une vision globale de la situation et d’intervenir de manière efficace. Sur la crise de la Covid-19, nous avons choisi d’intervenir avec l’Institut Pasteur et l’AP-HP qui est en contact avec tous les hôpitaux de France.

Nous avons décidé d’intervenir sur trois axes. Dans un premier temps, l’aide aux personnels soignants à l’hôpital à travers un soutien financier d’apport de matériel, mais aussi d’accompagnement psychologique et d’aide dans les services de proximité au quotidien.

Dans un second temps, un soutien direct aux chercheurs, pour permettre d’élaborer des tests, de développer des vaccins et d’en étudier l’impact.

Enfin d’aider les personnes les plus vulnérables qui se trouvent encore plus fragilisées par le confinement. Nous intervenons auprès des associations qui agissent auprès des personnes âgées, des personnes isolées ou dans la rue ou encore celles qui souffrent de problèmes psychiques accentués par la situation.

Si l’on veut vous accompagner, comment fait-on ?

Notre mode opératoire est d’aider financièrement les acteurs sur le terrain, nous saluons d’ailleurs l’élan de générosité actuellement. Mais les besoins seront encore plus importants, nos équipes sont mobilisées 7j/7. En région, nous sommes en contact permanent avec les hôpitaux, les Ehpad et surtout nous garantissons la traçabilité des dons en complément de l’argent public.

Il s’agit de repérer sur le terrain les structures qui en ont besoin. Les personnes peuvent agir par un don direct sur internet et relayer l’appel à don. Une entreprise peut aussi organiser un partenariat en mobilisant ses salariés, ou en mettant en place l’arrondi de caisse. Chacun peut relayer l’appel à don dans ses réseaux et agir car les besoins sont énormes.

Un état des lieux de la philanthrophie sur notre territoire ?

La proportion des dons sur notre région est inférieure aux autres régions de France. En revanche, le don moyen est supérieur par rapport à l’ensemble des autres territoires. Notre région est un territoire de contrastes, les personnes les plus favorisées côtoient chaque jour la grande pauvreté qui se voit dans la rue, dans les journaux ou à travers les salariés dans les entreprises. Ici, quand on donne, on donne plus qu’ailleurs.

Côté entreprise, si on veut aller encore plus loin, l’heure est aux collectifs et aux alliances entre entreprises pour permettre à celles qui n’ont pas les moyens des grandes entreprises d’agir. La Fondation de Marseille qui vient d’être créée, abritée par la Fondation de France, est une initiative exemplaire. Elle permet de collecter plus de moyens et de les structurer d’avantage autour de la mesure d’impacts.

Pouvez-vous nous parler de l’impact investing ?

L’impact investing, ce sont des investissements effectués avec l’intention de créer un impact social et environnemental positif. Le destinataire des fonds investis doit être porteur d’un projet d’intérêt général. La crise sanitaire et sociale que nous traversons montre combien ce genre de démarche est pertinente. Plus notre économie sera guidée à la fois par des critères de performance financière et de réussite sociétale, plus cela permettra à notre société de faire face à ce type d’urgence.

La crise bouleverse notre façon de vivre comme la manière dont nous appréhendons le monde. On aura un défi, celui de retenir les leçons de « ce temps de guerre » en terme de solidarité, de collaboration entre acteurs, de temps pour réfléchir et se cultiver, de valoriser le lien social : d’être cohérent et responsable.

Nos lecteurs sont des investisseurs et des entrepreneurs que souhaitez-vous leur dire ?

Mon premier message est un message d’encouragement pour les entreprises qui souffrent. Je les invite aussi à s’intéresser à ces nouvelles approches, à faire preuve d’ouverture et de courage, et enfin à nous rejoindre, pour nous aider à faire face à la situation et au confinement.

Les particuliers peuvent aussi agir en soutenant l’action de la Fondation et en diffusant l’appel au don.

Loading Posts...