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Frédéric Pons, président de Hopps Group : « On a profité du moment pour se réinventer »

Frédéric Pons, président de Hopps Group : « On a profité du moment pour se réinventer »

Serial entrepreneur et ambassadeur de notre territoire, Frédéric Pons a repris 17 boîtes en 3 ans. Co-fondateur et président de Hopps Group, il lance, avec Get Bigger, le Drive Local dans la tendance du locavorisme, pour consommer local et soutenir les commerçants.

Provence Business : Pouvez-vous vous présenter ?

Frédéric Pons : Je suis installé dans la région depuis 15 ans. Après un parcours dans l’agroalimentaire chez Kraft, puis 12 ans chez Mars. J’ai eu la chance de découvrir cette région en prenant la direction générale de Ducros et Dinet. Je suis rentré chez Spir Communication en tant que Président d’Adrexo où j’ai développé l’activité colis en 2012 avec ce qui est maintenant Colis Privé. L’aventure entrepreneuriale, elle, commence en 2012 avec 42 millions de chiffre d’affaires et aujourd’hui 550.

Maintenant, Hopps Group a deux pôles : l’un autour du e-commerce avec la logistique avec Dispeo et ADS repris en 2018, et Colis Privé ensuite. Le 2e est un pôle média avec Adrexo et LSD, qui distribue de la data, la plus grosse base de données RGPD avec 26 millions de foyers.

Parlez-nous de la plateforme Le drive local, lancée en mars 2020.

Avec la crise, Adrexo a été à l’arrêt, et on s’est retrouvé du jour au lendemain avec 0 de chiffre d’affaires, 250 agences et 17 000 salariés sur le territoire. Pendant la crise du Covid, on a démultiplié la data avec LSD et fait en un mois ce que l’on faisait en un an, en plus de la livraison de colis à domicile. Adrexo est devenu le premier sous-traitant de Colis Privé, on a recruté 500 livreurs on va finir l’année avec 1 500 livreurs.

En parallèle, on a vu que les gens avaient envie de consommer localement, le changement de comportement est fort. On a rencontré GetBigger qui avait développé une application et on s’est associé, on va rentrer au capital. Eux vont prendre en charge la partie technique et nous la partie logistique. Le drive local est né et on l’a lancé dans toutes les villes de France.

Quel avenir pour cette plateforme ?

Les gens ont envie de soutenir l’économie locale et manger de bons produits. C’est gratuit pour les commerçants et après il y a des options pour récupérer toute les courses.

Je veux que ça soit le quotidien des gens. On achète tout sur le site, on paye en une fois et on récupère la commande dans un commerce et c’est gratuit. Si vous êtes livrés chez vous, c’est maximum 5,90 euros. L’idée est d’arriver à livrer les gens pour moins de 2 euros pour créer une habitude hebdomadaire.

On envisage aussi une autre option, celle de créer un Hopps store pour venir chercher toutes ses courses dans un seul point.

Vous avez racheté Pataugas en 2017. Quelles sont les perspectives et les synergies avec Hopps Group ?

Cette marque est le retour du vintage, nous avions une très belle croissance avant la crise. Nous sommes arrivés à faire de la croissance en e-commerce et en magasins. Aujourd’hui, elle fait 15 millions de chiffre d’affaires, je pense que l’on peut arriver à 50. C’est une belle marque qui nous permet d’expérimenter. C’est un laboratoire de l’outdoor, de la maroquinerie que nous avons repositionné sur de l’évasion urbaine. Nos clients sont des e-commerçants, ça nous permet aussi d’envisager la logistique dans toutes ses options.

Votre groupe est le fruit de multiples fusions d’entreprises. Comment avez-vous gérer l’intégration ?

On veut être la (P)référence, on a toujours voulu avoir une qualité de service supérieure et des prix inférieurs. C’est notre moteur pour gagner des parts de marché avec nos valeurs autour de la responsabilité, l’agilité, l’autonomie, le plaisir. Quand on intègre des boîtes, on les amène à adopter ces valeurs, comme quand on a repris Disteo qui appartenait aux 3 Suisses.

Vous avez levé 30 millions d’euros l’année dernière, est-ce suffisant pour affronter la crise ?

Pas du tout ! Il y a deux pans ; sur Colis privé, la croissance a été exponentielle, mais sur Adrexo, les fonds n’ont pas suffi, nous avons bénéficié du chômage partiel. Je crois qu’à la fin de la crise, on est beaucoup plus fort. On a assuré la continuité de l’activité. Tous les e-commerces de France nous ont appelé pour les aider. Notre image a gagné en crédibilité parce qu’on a profité du moment pour se réinventer.

Vous avez déjà fait du sponsoring avec l’HOPPS OPEN de Provence, comptez-vous renouveler l’expérience avec d’autres actions de sponsoring ou de mécénat sur le territoire de la métropole ?

On est d’abord engagé sur la défense de ce territoire. J’ai été VP de l’UPE13 et je suis aujourd’hui au Top 20. On a créé le plus gros tournoi de golf de France et aussi le Summer Festival & Job qui est un forum de l’emploi et une fête qui a rassemblé l’année dernière 15 000 jeunes.

Cette année, ça sera un forum de l’emploi et de la transformation. L’Open de Provence est aussi une demande de nos clients, un grand tournoi du Challenge tour qui se passe dans le Sud.

Nos lecteurs sont des investisseurs, quels conseils leur donneriez vous ?

Nous, on n’a pas arrêté d’investir. Il y a de belles opportunités avec des gens engagés autour de la mutation des consommateurs. Je ne crois pas en l’attentisme, je réfléchis aux changements et aux opportunités.

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