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Jean-Baptiste Geissler : « Faire du territoire une des capitales européennes de l’impact »

Jean-Baptiste Geissler est le directeur général d’Aix-Marseille French Tech. Expert de l’innovation et du développement économique il évoque dans nos colonnes son parcours, sa vision et ses ambitions pour le territoire. Entretien.

Bonjour, pouvez-vous présenter ? Quel est votre parcours ?

Jean-Baptiste Geissler : Bonjour, après avoir étudié le développement économique local à Sciences Po et la London School of Economics, j’ai travaillé pour des institutions internationales et des fondations, en particulier dans le domaine de l’environnement.

Il y a quatre ans, je suis revenu au développement économique et à mon territoire en devenant expert innovation chez RisingSUD. Depuis le début de l’année, je dirige la French Tech Aix-Marseille Région Sud.

Si vous deviez tirer un premier bilan depuis votre arrivée à AMFT, quel serait-il ?

C’est un peu tôt pour les bilans ! Cette année a été très stimulante. Malgré la crise, nous avons élargi la gouvernance, nous avons renforcé l’équipe permanente, et nous avons lancé ou prolongé des programmes utiles à l’écosystème. C’est le cas de French Tech Tremplin, qui donne les moyens aux personnes éloignées de l’entrepreneuriat de se lancer.

C’est le cas également de French Tech Central, qui permet la rencontre des start-ups avec des correspondants dédiés dans les administrations. Nous avons également lancé un livre blanc des métiers en start-up… Et beaucoup d’autres choses que vous retrouverez sur tous nos canaux de communication.

Concrètement, comment la COVID a-t-elle impacté l’écosystème d’AMFT ?

Nous sommes dans un contexte encore très volatil, il faut donc être très prudent sur les constats du moment. Les premières impressions laissent penser que les start-ups s’en tirent plutôt bien, au vu du contexte global. La plupart continuent de créer des emplois, certaines accélèrent même de façon assez spectaculaire – en particulier celles dont l’activité est liée à la numérisation de l’économie.

On peut cependant constater certaines difficultés dans des secteurs particulièrement impactés (l’hôtellerie, le tourisme..), ou pour des entreprises qui avaient prévu de lever des fonds cette année. Mais il faut le marteler : Ce n’est pas parce que les start-ups vont relativement bien qu’il faudrait arrêter de les soutenir ! Ces entreprises sont la croissance de demain, les délaisser reviendrait à hypothéquer des gisements de création de valeur et d’emploi.

Pensez-vous que la « tech à impact inclusive et durable » est assez représentée sur notre territoire ? Quels sont les objectifs ?

Il y a de très belles initiatives sur le territoire. Dans l’énergie, l’agriculture, la santé… et bien d’autres secteurs. Il y a des incubateurs et des accélérateurs qui travaillent chaque jour à rendre la tech plus inclusive, plus diverse, plus paritaire. Il y a beaucoup de start-ups de tous les secteurs qui veillent, en interne, à appliquer ces principes.

L’objectif, en particulier avec le Grand Bain, c’est de faire de notre territoire un des points de ralliement de ce mouvement de fond, une des « capitales » européennes de l’impact. Pour mettre en lumière les belles initiatives du territoire, donner les outils concrets à ceux qui souhaitent progresser, et donner l’envie à ceux qui ne sont pas encore convaincu de s’engager.

Qu’observez-vous en terme de tendances chez les investisseurs et les startuppeurs ?

Justement, nous observons l’accélération de cette tendance de fond qu’est la prise en considération de l’impact. Les investisseurs intègrent de plus en plus ces critères dans leur évaluation des dossiers, et la grande majorité des entrepreneurs qui se lancent en font un élément central de leur projet.

Ce n’est pas un effet de mode, c’est une prise de conscience profonde qu’aucun modèle économique n’est réellement viable s’il n’est pas équilibré.

Le 13 novembre aura lieu l’événement phare d’AMFT, Le Grand Bain intitulé « Tout réinventer ». Qu’entendez-vous par tout réinventer et pourquoi?

L’idée de départ était partie du constat que la crise sanitaire, et le premier confinement, avait fait émerger des questions encore plus aiguës sur notre modèle de société.

Sans tomber dans la naïveté ou l’utopie du « nouveau monde », on a vu monter très largement une volonté d’interroger la direction que nous prenons dans beaucoup de secteurs. Sur la santé, l’éducation, la ville, ou encore la culture… Tant de secteurs où l’importance de la « tech » s’est considérablement accrue ces derniers mois. Notre ambition était d’offrir une tribune à ces débats, en décrypter les enjeux avec des experts, des start-ups, des associations.

Et bien nous avons été quelque peu dépassés par notre promesse éditoriale puisqu’avec ce nouveau confinement, nous devons réinventer le format ! Dans les prochaines semaines sera dévoilée une programmation qui reprendra tous ces éléments mais sous un format forcément différent.

Nos lecteurs sont des investisseurs, quels conseils leur donneriez-vous ?

De s’intéresser à nos start-ups – mais ils le font sans doute déjà ! Et de ne pas hésiter à nous solliciter pour découvrir notre écosystème.

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