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Julien Lescoulié : « La crise permet aux investisseurs de voir qui peut s’adapter »

Julien Lescoulié communique peu, il le reconnaît. Fort d’un chiffre d’affaires d’un million d’euros l’année dernière, de Dev-id en passant par la Dev-id Academy, il se définit comme un artisan du code et nourrit de multiples projets. Entretien.

Julien Lescoulié : J’ai un parcours parsemé de diverses expériences dans la tech comme développeur, commercial. Avec mon associé Arnaud, on a toujours été très admiratifs des personnes qui se faisaient leurs propres idées. Il y a environ cinq ans, on a voulu se lancer. On a réalisé un premier produit qu’on a finalement jamais mis en vente et on s’est dit qu’on allait proposer nos services en tant que freelance à des gens qui avaient besoin de développeurs, de designers pour coder leurs solutions.

Assez rapidement, on s’est rendu compte qu’on était différent de ce qui était proposé sur le marché, car on n’était pas conditionné comme dans les écoles d’ingénieurs. On a commencé à fédérer autour de cette vision du produit digital différent. Il y a trois ans on s’est lancé. Finalement, Dev-id se définit comme un réseau de formation pour les makers, on développe les idées de nos clients et nos idées à nous.

Provence Business : Quel est le concept de Dev-id ?

Vous avez une idée innovante, vous voulez créer un produit, une application où vous allez avoir besoin de développeurs et de designers. On a utilisé notre expertise pour dessiner le projet et le réaliser, c’est la partie prestation. On fait la même chose en interne avec nos idées.

On est aussi un institut de formation pour nous et nos clients, pour leur permette de faire une internalisation en douceur avec les méthodes que l’on a utilisées pour concevoir leurs produits digitaux. On a beaucoup de start-up qui ont fait appel à nous dans l’écosystème, plus de 300. Les grands groupes également utilisent ces méthodes de conception de produits pour leur propres besoins.

Comment avez-vous vécu la période de crise sanitaire ?

C’est un vrai casse-tête, parce qu’il n’y a pas de référence. On ne sait pas ce que l’on doit faire, si on doit mettre l’activité en suspens, si on doit accélérer, changer de métier. Est-ce que l’entreprise doit se réinventer ? Ce sont de vraies questions, mais à un moment donné, il faut faire un choix.

On a décidé de ne rien ralentir mais d’accélérer et de diversifier. Nos clients avaient peur de signer des contrats de prestations à ce moment là. On a donc déplacé nos efforts sur la partie studio, création de nos idées à nous. On a fait un hackathon, de là sont nés trois thèmes qui seront porteurs dans les mois et années à venir : le soutien scolaire à distance (un produit digital à distance sort en septembre/octobre), la gestion de l’espace en entreprise car c’est un vrai casse-tête l’open space et les espaces communs, et le télétravail.

Il faut des outils pour organiser tout ça. Développer une application, c’est aussi savoir la concevoir : c’est la notion d’artisanat-produit. Cette façon de penser le produit est notre spécificité. On lie le design et le dev. dans une seule phase qui prépare le produit de manière à ce qu’il n’y ait plus qu’à le coder. L’expertise métier du client nous permet de sortir le produit le plus pertinent le plus vite possible avec les meilleurs spécificités.

C’est finalement l’amorce d’un nouveau modèle économique ?

On a toujours notre activité de réalisation, mais on se diversifie avec la Dev-id Academy. On a créé un parcours de formation, d’apprentissage, le but est de fabriquer des makers. Arnaud et moi avons toujours admiré ceux qui savent faire naître un produit de leurs mains, on a besoin en France d’artisans du digital, on a créé la Dev-id Academy dans ce but là.

Ce sont des personnes en reconversion. C’est un programme que l’on a porté avec le Pôle Emploi de Saint-Charles. Le parcours de formation que l’on avait en interne, on l’a adapté pour qu’il puisse produire des développeurs pour nos clients. L’avantage de cette formation est qu’ils ont une promesse d’embauche dès qu’ils entrent. Le client exprime son besoin, nous on lui sélectionne un profil, il va rentrer dans la formation et va travailler directement avec les salariés de notre client.

Vous êtes au Carburateur, que pensez-vous de cet espace dédié à l’entrepreneuriat « artisanal » ?

Il y a 3 ans, on recherchait un endroit où il y avait des artisans, car ce que l’on est. Le Carburateur était le seul à proposer une offre adaptée à ce type de métier. Quand on est arrivé avec le pitch, « on fait des app, des sites et des objets connectés », évidemment, il fallait convaincre du bien fondé que nous étions quand même des artisans. Grâce au Carburateur, on a pu adapter l’espace, on est passé de 2 personnes à 30 en trois ans.

Avez-vous d’autres projets et activités en parallèle de Dev-id ?

On a investi dans 2 start-up. Il y a la Dev-id Academy, et on est en train de lancer un projet sur la réalité augmentée. On espère lancer une filiale de jeux vidéos très rapidement. On propose à nos développeurs un parcours de compagnonnage, on leur donne la possibilité de s’installer où ils veulent et on devient associés, c’est comme ça que l’on s’est retrouvé aux Etats-Unis.

Nos lecteurs sont des entrepreneurs, quels conseils leur donneriez-vous ?

La crise est une vraie opportunité pour l’investisseur, car il va pouvoir voir les boîtes qui sont capables de s’adapter, de créer de la valeur. L’investissement long terme est basé sur du durable, dans la tech for good, de tester l’agilité, et de voir qui peut s’adapter dans des temps troublés.

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