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Karl Toussaint du Wast : « Les cycles boursiers révèlent les excès d’émotion »

Karl Toussaint du Wast a co-fondé newinvestissement.fr, une plateforme d’investissement spécialisée dans les secteurs de la finance et de l’immobilier. En cette période, il livre à Provence Business sont analyse, les tendances du secteur et les mutations à venir.

Provence Business : Pouvez-vous vous présenter ?

Karl Toussaint du Wast : J’ai co-fondé netinvestissement.fr, il y a un peu plus de 10 ans. Ca fait 17 ans que je fais du conseil en gestion de patrimoine. Je suis né entrepreneur, j’ai 42 ans mais j’entreprends depuis mes 20 ans. J’ai entrepris aux Etats-unis puis je suis rentré en France où j’ai fondé différentes entrerprises. Il y a 10 ans, on a mis notre métier sur internet, et on a été les pionners pour démocratriser et rendre accessible au plus grand nombre notre expertise qui à l’époque était perçue comme réservée à l’élite. Aujourd’hui on a décloisonné ce qui était réservé aux banques.

Si vous deviez nous dire un mot sur l’investissement dans notre territoire ?

Pour la zone géographique, les start-ups et les sociétés : c’est une région qui est riche, où se créent beaucoup de sociétés et donc de valeur. Il y a un flux migratoire important. Beaucoup de propriétaires immobiliers avaient investi dans la location à courte durée, mais avec la période actuelle, il faut peut-être envisager de se repositionner sur de la location classique à cause de la crise.

Parlez-nous de votre coeur de métier.

Notre métier est d’accompagner les entreprises ou les particuliers, qui ont réussi leur levée de fonds, à placer leur liquidité. Les entreprises qui ont réussi à lever des fonds ont 12 mois pour les investir. De son côté, le gouvernement soutient les sociétés selon des critères de solvabilité, le but n’est pas de sauver des sociétés qui n’auraient pas résisté quoi qu’il arrive, mais d’aider les sociétés qui en ont besoin pour passer le cap.

Concernant le secteur de la levée de fonds, pour les sociétés qui souhaitent développer leur activité, il y a de l’argent sur le marché, c’est de la négociation celà reste du business traditionnel. Nous sommes actuellement en levée de fonds, nos discussions continuent.

On réalise 60% de croissance organique depuis 5 ans. La répartition des fonds levés sera répartie de moitié dans la partie technologie et digitale du site, et l’autre moitié dans le tangible : ouverture de bureaux, recrutement de personnel, en France. Nous voulons ouvrir dans d’autres territoires. Le bureau de Marseille couvre la région Sud Est, mais se pose la question de le dupliquer pour faire également un bureau à Nice.

Comment va évoluer le secteur de l’investissement au regard l’IA ? 

Il y a 4 phases dans l’IA. Actuellement nous sommes à la 2ème phase, le deep leaning, la machine n’apprend pas de manière autonome, elle a encore besoin de l’intervention de l’être humain, mais nous fait gagner du temps.

Nous travaillons à la 3ème phase de l’IA pour concevoir un robot qui soit en mesure de traiter les demandes juridiques et fiscales de nos clients, tout ce qui nécessitera la sensibilité de l’être humain ça n’est pas pour aujourd’hui. Nous avons tous les jours entre 300 et 500 demandes sur le report du déficit foncier etc, ces conseils sont actuellement gratuits mais mobilisent le personnel, ce robot demain traitera cette demande là.

L’investisseur marseillais est-il différent ?

Les spécificités se trouvent dans les comportements, les biais cognitifs, parce qu’en France tout ce qui touche au secteur financier, la Bourse, la retraite, il n’y a pas de différence entre les territoires. Les Français sont conservateurs même s’il y a des différences culturelles entre les territoires. Les Marseillais et les Aixois ne demandent pas systématiquement d’investir dans leur région à l’inverse des autres territoires.

Qu’observez-vous de la crise actuelle dans l’investissement ? 

Selon l’AMF, près de 150 000 particuliers ont fait leur retour en Bourse pour la première fois depuis janvier 2018. Les particuliers reviennent sur les marchés financiers, alors que 600 000 particuliers ont procédé à des manoeuvre de vente au début de la crise. Les cycles boursiers révèlent les excès d’émotion. Les personnes vendent au pire moment sans analyser la probabilité d’une remontée. Quand on investit, il faut le faire avec raison.

Quelles sont vos prévisions ?

Rassurer et informer les Français qu’ils ne s’inquiétent pas sur la solvabilité de leur banque. Cette crise sanitaire va devenir économique, la dette va grossir. Le troisième point est le temps long : on va étaler le lendement de crise pendant plusieurs années.

Nos lecteurs sont des investisseurs et des entrepreneurs que souhaitez-vous leur dire ?

Ouvrez un PEA, mettez-y entre 10 % et 20 % de vos liquidités. Devenez acteur de l’économie réelle de votre pays pour être acteur de la relance économique. Airbus et AirFrance vont très probablement être soutenus par l’Etat, en achetant ce type d’actions, vous avez une probabilité de les voir augmenter fortement dans l’année qui vient.

Les pétriolières : Total, CGG et Maurel & Prom, vous avez entre 40 % à 50% à aller chercher. Les boîtes pharmaceutiques, celles qui fabriquent des masques. Si vous avez une appétence pour une entreprise, un secteur particulier, même si elle a dévissé, c’est le moment d’y aller. Et, soyez patient, le temps long !

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