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Pierre Guilbaud : « Je cherche l’impact positif dans la durée »

Pierre Guilbaud est Growth Hacker, il met en place des outils pour développer des projets vite sans trop dépenser. Il travaille pour Google ou encore les startups de Sciences Po Paris. Chaque matin, il édite une newsletter avec des conseils avisés pour faire décoller vos projets.

Provence Business : Pouvez-vous vous présenter ?

Pierre Guilbaud: Je suis consultant en growth marketing, j’aide les entreprises à définir leur stratégie de croissance, à structurer leurs sujets de conversion et donc à exécuter les leviers les plus performants pour les aider à atteindre leurs objectifs de croissance.

J’ai une autre activité, j’ai cofondé La Boîte Numérique avec un ami où on documente nos avancées en tant que freelance consultant. Il y a beaucoup de contenus gratuits et des formations payantes pour, par exemple, trouver des clients, ou encore créer son site internet quand on est indépendant.

A quoi renvoie votre métier concrètement ?

Le growth marketing est un process. Quand le marketing renvoie au branding, à la notoriété, le growth marketing c’est regarder la notoriété dans son ensemble : comment on fait pour avoir de la notoriété, acquérir des utilisateurs sur son site, les activer, qu’ils s’inscrivent, leur donner envie d’acheter et d’utiliser le produit, et enfin de revenir un process huilé, analyser les données et expérimenter les choses à un rythme soutenu, chaque semaine, de tester. Le growth marketing a une vision d’ensemble et d’expérimenter à un rythme soutenu. Le growth hacking est une expérimentation réussie. C’est une technique.

Le renouvellement est donc incessant dans le métier et en perpétuel renouvellement ?

Ca fait 5 ans que j’expérimente, on ne peut pas se permettre de se contenter de lire et de regarder des podcasts, il faut tester. Mes projets personnels sont des laboratoires de tests. J’aide mon frère à développer sa chaîne Youtube, comme ça je comprends les algorithmes et je les utilise.

J’ai un site internet, j’édite une newsletter, je teste au quotidien, comme ça quand je suis avec un client, je ne le conseille pas en fonction des tendances, je lui montre mon écran pour qu’il voit ce que je viens de mettre en place, qui fonctionne et qui peut être adapté à son activité.

Ce métier s’éloigne de la théorie. C’est donc par l’expérience que l’on développe une vraie compétence ?

Il y a trois piliers importants pour ce métier. Le premier est le côté marketing, psychologie comportementale, développer un très fort niveau d’empathie. Je passe mon temps à dire à mes clients de mettre leurs pieds dans les chaussures de leurs clients. Il faut comprendre comment fonctionne le cerveau humain pour apporter de la valeur.

L’autre pilier est la data, il dépend de la capacité d’analyse des données. Regarder ce qui marche, c’est apprécier si la data a bougé du bon côté.

Le troisième pilier, c’est la technologie, utiliser les bons outils pour les connecter entre eux. Aujourd’hui, il y a des études qui permettent de toucher à ces trois piliers mais l’expérience reste la clef.

Si vous deviez comparer la France avec vos expériences internationales sur ces sujets, sommes-nous en retard ?

Il y a de plus en plus d’acteurs qui amènent ces compétences depuis 2 ou 3 ans même si on a 5 ans de retard par rapport aux USA. C’est comme le podcast, ça fait 5 ans que c’est en vogue aux USA, le média et l’outil est un levier qui est en train d’exploser depuis peu en France. On peut aussi parler de l’outil Substak c’est un outil qui permet de créer une newsletter gratuite et de le transformer en format payant. Contre par exemple 9 dollars par mois, vous proposez à votre utilisateur d’avoir du contenu plus spécifique.

Aux USA, beaucoup d’acteurs et de personnes expertes dans leur domaine qui vivent de leur newsletter et je pense que d’ici peu, ça sera normal dans le quotidien des gens de payer pour du contenu de qualité, car le contenu est accessible partout, mais quand on veut quelque chose de bon et spécifique, il est normal de payer.

Quels sont vous des projets actuellement ?

En terme de prochains projets, j’ai une newsletter sur le marketing qui est gratuite pour le B2B et B2C, les conseils sont adaptables en 45s pour tous les types d’entreprise. J’ai un autre projet avec une amie, pour aider les entreprises qui ont un impact positif sur l’homme ou l’environnement. Le growth permet d’accélérer la croissance mais en temps qu’Homme, on ne pourra plus continuer à vive allure, il faut être un peu plus minimaliste dans notre consommation. Si je dois mettre mes connaissances et expertises dans les mains de certaines personnes autant que cela corresponde à mes valeurs.

J’ai pas mal de contacts avec des entreprises à ce sujet, dans le recyclage de jouets, de panneaux solaires modulables, ou qui aident les managers à progresser dans leur job : je cherche l’impact positif dans la durée. La clef du growth marketing c’est la durée, il faut pouvoir définir une stratégie et accompagner dans l’exécution.

Nos lecteurs sont des investisseurs et des entrepreneurs que souhaitez-vous leur dire ?

Prenez soin de vous ! La base de la productivité c’est de prendre soin de soi. Par rapport à mon expérience, j’aurai une chose à dire, c’est qu’on ne sait pas tant quand on ne fait pas. On peut regarder des articles, des vidéos mais rien ne remplace l’expérience. Dans tout ce que l’on fait, c’est important de le faire, de se mettre devant la feuille blanche. Ma meilleure méthode reste le laboratoire de tests. Les MOOC sont intéressants mais ça devient concret lorsqu’on le fait soi-même.


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