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Virginie de Barnier : « Les crises sont le moment de créer de l’attachement à la marque »

Ex-directrice de l’Institut d’Administration des Entreprises (IAE), fière de l’héritage qu’elle laisse à son successeur, Virginie de Barnier s’attaque désormais à un chantier encore plus grand : Elle est désormais vice-présidente de la fondation AMU. Comme à l’IAE, elle sera épaulée par Delphine Dumas. Entretien.

Provence Business : Pouvez-vous vous présenter ?

Virginie de Barnier : Je suis directrice de l’IAE d’Aix-Marseille jusqu’au premier juillet en charge du développement, de l’attractivité, de la visibilité et du ranking de l’IAE. J’ai été appelée par le Président d’Aix-Marseille Université qui souhaite relancer la Fondation d’AMU dans le but d’accroître la visibilité d’AMU, d’augmenter le nombre d’investisseurs et les dons au niveau de la fondation.

Je suis nommée Vice-Présidente déléguée à la fondation et j’emmène dans mon équipe Delphine Dumas, responsable de relations entreprises de l’IAE qui sera également chargée des relations entreprises.

Quelle est la sitution de l’alternance ?

Au début de la crise, on a craint une baisse du nombre d’alternances, mais ça ne s’est pas produit. Nos étudiants qui étaient déjà en alternance ont été considérés comme des employés à part entière, donc pas d’arrêt de contrat. La campagne d’alternance devait démarrer en mars-avril, au coeur de la crise, et l’on observe surtout un décalage, les offres que l’on recevait en mars, on les reçoit maintenant, et on rattrape le retard qu’on pouvait avoir.

Les petites entreprises ne sont pas les premières à nous envoyer leurs offres, ce sont plutôt les grands groupes.

Le plan de relance du gouvernement est-il suffisant ?

Il va dans le cadre de la réforme de l’apprentissage qui a complètement changé. Les entreprises ne connaissent pas les nouveaux processus, et sur ça s’ajoute la crise du COVID. Le plan de Muriel Penicaud vise les entreprises au niveau Licence et pas Master, cependant, dans cette réforme il y a eu des choses qui facilitent l’embauche d’alternance, avec la prise en charge des OPCO.

Les entreprises prennent un alternant, elles pourront mobiliser des fonds prévus par des opérateurs de compétence, les OPCO, légèrement inférieurs à l’alternance, nous déclarons aux entreprises que nous ne facturons pas de coûts supplémentaires. Le coût de l’alternance, c’est donc le coût du montant pris en charge par l’OPCO. C’est une mesure qui va faciliter les choses.

Nous avons également plus de souplesse dans la signature des contrats, on pourra aller au-delà de décembre. Nous avons aussi la possibilité de facturer un coût d’amorçage, l’étudiant entre en formation continue, dans notre CFA, et facture 50% de la prise en charge des OPCO et nous régulariserons dès que possible.

Delphine Dumas : L’IAE a un modèle économique très solide, le premier pilier repose sur l’alternance qui rapporte 1/3 des ressources de l’école, le deuxième de ce que payent les étudiants dans leur scolarité, nous avons également des dotations de l’Etat. L’Ecole n’est pas en danger, au contraire des écoles privées dont les fonds reposent sur les frais de scolarité que les étudiants ne peuvent plus payer. Cette année nous enregistrons plus de 25% de candidatures.

Qu’en est-il du classement de l’IAE à l’international ?

33e mondial, on en est assez fier. Le prochain objectif de l’IAE est d’obtenir d’autres accréditions internationales, l’AACSB. Cette accrédition est très reconnue dans le monde anglo-saxon, les partenaires américains y sont sensibles. EQUIS est bon pour attirer les étudiants européens. C’est atteignable en trois ans.

Virginie de Barnier.

Quel est le prochain objectif ?

En sept ans, j’ai développé beaucoup de partenariats. Je pense que quand on est une école publique, la stratégie doit être solide. Notre stratégie est de développer des partenariats à l’international. On pourrait l’étendre, et notre stratégie est de nous appuyer sur les partenariats d’AMU.

Le deuxième objectif est de développer des partenariats de recherche. Nos partenariats sont pour l’instant trop individuels, c’est ce que je souhaite passer à mon successeur, la mise en place de partenariats institutionnels. Cet axe intéresse peut-être moins les entreprises, mais la recherche est importante, elle nous fait monter dans les classements.

Delphine Dumas : S’ancrer sur les grandes entreprises du territoire qui sont nos partenariats stables puis sur les entreprises nationales qui ont des antennes locales, et enfin des PME en développement à l’international. On a développé des partenariats à différents niveaux notamment sur l’aspect de la recherche. Les entreprises nous suivent sur l’alternance, sur la taxe d’apprentissage, notre objectif est qu’elles nous suivent avec la Fondation sur notre programme de recherche. Comme ça se passe dans la médecine. En management, c’est un axe de développement pour l’Ecole.

Nos lecteurs des investisseurs, investissez dans la formation, c’est la clé du développement de l’entreprise. Les fonds d’investissement rachètent des écoles, ce sont des lieux où l’on a un très bon retour sur investissement. En terme d’éthique, c’est quelque chose de noble. Concernant le COVID, ceux qui ont fait preuve d’agilité, de résilience, s’en sortent grandis. C’était le moment de développer d’autres moyens de diffusion et de créer de l’attachement à la marque. On est attaché aux marques qui nous rendent service dans les moments de fragilité. C’était le moment de créer de l’attachement.

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