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Yves Perret : « Dans dix ans, on se rendra compte que des mastodontes sont nés pendant cette crise »

Yves Perret : « Dans dix ans, on se rendra compte que des mastodontes sont nés pendant cette crise »

Cette année, à cause du confinement et de la crise, beaucoup d’écoles et universités de notre territoire ont vu leurs effectifs en baisse. Yves Perret, CEO du groupe Adiona, a lancé dès 2018 monsalonetudiant.com, première plateforme virtuelle dédiée à l’orientation post-bac.

Provence Business : Pouvez-vous vous présenter ?

Yves Perret : Bonjour, je suis Yves Perret, président fondateur du Groupe Adiona. Ancien étudiant de l’IAE d’Aix-en-Provence, je me suis lancé dans l’aventure entrepreneuriale à la suite d’un stage aux Etats-Unis. A l’époque, seuls deux camarades de ma promotion avaient pu effectuer leur stage à l’étranger. C’est à ce moment-là que j’ai décidé de créer la start-up MyInternshipAbroad.

Quel est le concept d’Adiona ?

Le Groupe Adiona, qui a fêté ses 10 ans en juin 2019, accompagne et fait évoluer des étudiants et jeunes diplômés dans leur projet d’acquisition d’expérience à l’étranger et en France grâce à MonSalonEtudiant.com, ce tout au long de leur parcours. Cet accompagnement, que nous voulons être le plus complet, est possible grâce aux différents services qui composent le Groupe Adiona aujourd’hui.

Comment se déroule un salon en ligne ? Taux de remplissage…

Le déroulement d’un salon virtuel est extrêmement simple. D’un côté, les exposants peuvent créer un stand à l’aide de différents blocs totalement personnalisables (images, vidéos, réseaux sociaux, brochures etc…). Du côté visiteur, il suffit simplement d’un appareil connecté à internet. L’étudiant peut alors naviguer librement entre les différents stands, les visiter, télécharger les documents mis à sa disposition et discuter en direct avec les exposants. Nous avons voulu créer une expérience la plus proche d’un salon étudiant « classique ».

Les universités et centres de formation y gagnent-ils réellement et comment ?

Oui, nous pensons apporter une réelle valeur ajoutée aux écoles pour plusieurs raisons. Tout d’abord, l’organisation d’un salon virtuel est beaucoup moins chronophage et requiert moins de ressources humaines et financières. Ensuite, tout étant dématérialisé, les écoles, universités et centres de formation ont directement accès aux informations principales des visiteurs. Plus besoin de traiter des centaines de formulaires à la main.

Troisième avantage du salon virtuel : la possibilité de toucher des étudiants partout en France et même dans le monde. Aujourd’hui, des inégalités existent entre les jeunes des grandes agglomérations et ceux des plus petites villes qui sont obligés d’engager des frais pour assister aux salons ou qui ne peuvent simplement pas y participer.

Avec les salons virtuels, nous réduisons considérablement cette disparité et permettons ainsi aux exposants d’élargir leur cercle de potentiels futurs étudiants. MonSalonEtudiant.com est entièrement adapté à la génération des « digital natives ».

Cette année, les promotions peinent à se remplir. Etes-vous la solution ?

Nous n’avons bien évidemment pas la prétention d’être la solution miracle, mais estimons être une réponse pertinente et efficace au contexte actuel. Les écoles et universités ont la possibilité de toucher encore plus d’étudiants que lors d’un événement physique sans toutes les contraintes, notamment sanitaires, qui y sont liées.

La digitalisation de l’événementiel est-elle une perspective de sortie suffisamment importante pour vous ?

Nous avons créé la plateforme MonSalonEtudiant.com dès 2018, bien avant de connaître nos difficultés. Nous étions déjà certains de l’intérêt de notre solution et de l’importance du marché. Mais il est vrai que la crise sanitaire, et c’est un peu triste à dire, a été un accélérateur d’opportunités et a permis de compenser l’arrêt des opérations pour certains services.

Quelles sont les perspectives des projets de développement ?

A l’heure actuelle, nous nous concentrons sur l’amélioration de l’expérience utilisateur, l’ajout de fonctionnalités et mettons également sur pied des partenariats durables avec des grands groupes scolaires, des académies et même des entreprises. L’objectif étant d’asseoir notre position d’acteur incontournable de l’orientation scolaire.

Pensez-vous réaliser une levée de fonds ? Et à quelle échéance ? 

Nous avons déjà par le passé réalisé une levée de fond de 525k€ en 2017 et c’est une question qu’il faut se poser, forcément ! Une fois la situation totalement stabilisée, le sujet sera d’actualité pour nous redonner des forces et avec pour objectif de développer le marché des salons virtuels.

Nos lecteurs sont des entrepreneurs, quels conseils leur donneriez-vous ?

Je crois qu’en cette période compliquée, de nombreuses entreprises risquent de changer de métier, car si l’on n’est pas capable de s’adapter, on court vers la fin. Avant la crise, 95% de notre activité était liée au séjour à l’étranger. Aujourd’hui nous concentrons plus 60% de notre activité vers la digitalisation des salons étudiants ! Dans 10 ans, on se rendra compte que des mastodontes sont nés durant cette crise ! Il y a donc énormément d’opportunités en ce moment et il faut suffisamment de lucidité pour les saisir !

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